3 mai 2026 – Gaspard Lignard – https://www.epochtimes.fr/
Selon ce prêtre de l’archidiocèse de Vancouver, ces propositions d’euthanasie sont intervenues au cours de son hospitalisation, alors qu’il se remettait d’une chute ayant entraîné une fracture de la hanche. Le P. Holland, formé à l’aumônerie hospitalière et habitué à l’accompagnement de malades, dit avoir été « choqué » qu’un médecin évoque cette option en cas de dégradation de son état.
Le cas, rapporté initialement par la presse catholique canadienne, relance le débat sur la manière dont l’AMM est présentée aux patients vulnérables dans le système de santé public, selon The Catholic Register
Un prêtre expérimenté face au système de soins
Le P. Larry Holland a servi dans plusieurs paroisses de l’archidiocèse de Vancouver et a suivi des études en aumônerie de santé, ce qui lui donne une connaissance fine du fonctionnement hospitalier. Il explique que le sujet de l’AMM a été abordé sans qu’il l’ait demandé, alors qu’il se trouvait en situation de fragilité physique après son opération.
« Il y a des choses dont on ne devrait tout simplement pas parler avec certaines personnes », a-t-il confié, estimant que cette discussion était particulièrement inadaptée s’agissant d’un religieux opposé à l’euthanasie.
Le prêtre souligne que d’autres patients, moins au fait des enjeux ou davantage isolés, pourraient se sentir influencés par ce type de proposition formulée par une autorité médicale.
Euthanasie : la position de l’hôpital et le cadre légal canadien
L’Hôpital général de Vancouver appartient au réseau de santé public de la Colombie-Britannique, où l’AMM est encadrée par la législation fédérale adoptée depuis 2016 et progressivement élargie. Dans ce cadre, les professionnels de santé peuvent informer les patients éligibles de la possibilité de recourir à l’AMM, sous réserve de respecter des critères stricts de consentement, de souffrance jugée intolérable et d’évaluation médicale.
Au Canada, la loi n’impose pas que la demande vienne exclusivement du patient : les soignants peuvent évoquer l’option, ce qui nourrit un débat récurrent sur la frontière entre information et pression. Le nombre de décès liés à l’euthanasie depuis son autorisation, approche désormais les 100.000 cas cumulés au niveau national, selon les données officielles.
Inquiétudes du clergé et défense de l’autonomie des patients
Le cas du P. Holland a suscité des réactions au sein de l’Église locale. Le P. Larry Lynn, aumônier pour la vie au sein de l’archidiocèse de Vancouver, a dénoncé une situation « parmi les exemples les plus consternants » du régime canadien d’euthanasie, jugeant préoccupant qu’un soignant propose l’AMM à un religieux connu pour son opposition morale.
Pour les évêques catholiques du Canada, qui ont réaffirmé à plusieurs reprises leur refus de l’euthanasie et du suicide assisté, l’AMM demeure « moralement inacceptable » et contraire à la dignité de la personne.
De leur côté, les défenseurs du dispositif rappellent que l’AMM est présentée comme une option parmi d’autres et qu’elle repose juridiquement sur le consentement libre et éclairé du patient. Des experts soulignent que l’enjeu est de garantir une information complète, sans pression, afin de respecter la volonté des personnes confrontées à des souffrances graves et irréversibles.
Un débat national relancé
L’affaire intervient alors que le Canada poursuit ses discussions sur l’extension ou la limitation de l’AMM, notamment pour les personnes souffrant exclusivement de troubles mentaux, un projet déjà critiqué par la Conférence des évêques catholiques.
Ces derniers estiment « encore plus répréhensible » d’élargir l’accès à l’euthanasie à des personnes vulnérables sur le plan psychique, dans un contexte de difficultés d’accès aux soins de santé mentale.
Le témoignage du P. Holland s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur la manière dont les hôpitaux informent les patients de leurs options de fin de vie. Il interroge la capacité du système de santé à concilier, dans la pratique,
- respect de l’autonomie individuelle,
- protection des personnes vulnérables et
- prise en compte des convictions éthiques ou religieuses de chacun.
Colette : Le Canada est devenu un pays où il ne fait plus « si bon d’y vivre ». Ses positions, sociétales, doctrinales, éthiques et dans le cas de ce prêtre humanitaires, morales deviennent invivables. Ils sont dans l’excès dans le mal, ces prises de positions deviennent diaboliques.
