28 avril 2026 – Julian Herrero – https://www.epochtimes.fr/
Enjeux éthiques liés au don d’organes – En marge de la conférence, la parlementaire a accepté de répondre aux questions d’Epoch Times. Elle déplore la faiblesse de l’Union européenne face à ce phénomène.
Epoch Times – Pourquoi avez-vous organisé cette conférence sur les transplantations d’organes ?
Christine Anderson – J’ai découvert la question du don d’organes il y a quelques années, notamment avec ce scandale en Allemagne évoqué par le Dr Stammers, où des médecins gagnaient de l’argent en vendant des organes en dehors des circuits officiels. La confiance du public dans le système s’est alors effondrée, et l’Allemagne s’est soudain aperçue qu’elle n’avait plus assez de donneurs.
Depuis, des voix appellent à renverser le système et à passer à un modèle de consentement présumé.
L’État vous dirait : « Vous êtes donneur d’organes, sauf à dire explicitement le contraire. »
C’est une violation à bien des égards : mon corps, mon choix ! L’État n’a pas à m’enrôler comme donneur en me forçant à effectuer des démarches pour refuser. Et même ces démarches ne suffisent pas : la décision peut être renversée par la famille.
Je me suis donc plongée dans le sujet. Ce que j’y ai trouvé est effroyable. Si vous êtes inscrit comme donneur, ou présumé tel, on ne vous administre aucun anesthésique au moment du prélèvement. Seulement un paralysant, pour vous empêcher de bouger sur la table, de vous débattre.
Je m’y suis donc aussitôt opposé. Plus j’enquêtais, plus je recueillais de témoignages de familles ayant consenti au don des organes d’un proche. Ce qu’elles ont traversé relève de l’horreur pure. Dans bien des cas, les médecins ne se sont pas tenus à ce que la famille avait autorisé. Au-delà du cœur, du foie, des poumons, les globes oculaires eux-mêmes étaient prélevés. Le tout sans véritable consentement.
C’est une industrie qui pèse des milliards. Et là où il y a de l’argent, il y a de la corruption. Il est grand temps de regarder en face ce qui se joue derrière le don d’organes.
Qu’en est-il des prélèvements forcés d’organes en Chine ?
D’après ce qui a été expliqué lors de cette conférence, Pékin a mis au point un système de prélèvement d’organes à travers un processus sordide de déshumanisation des minorités de la population chinoise. Le régime chinois persécute des milliers de personnes, les envoie dans des camps de travail et prélève leurs organes.
Selon les chiffres évoqués, un seul hôpital en Chine aurait réalisé quelque 2 000 greffes de foie. Pour vous donner une comparaison, en 2024, en Allemagne, 766 greffes de foie ont été réalisées ! Un contraste glaçant.
On peut se demander d’où viennent tous ces organes. Mais comme l’a affirmé le Dr Weber, soit les autorités chinoises mentent sur les chiffres, soit elles ont trouvé d’autres moyens de prélever des organes.
Malheureusement en Chine, des gens peuvent être envoyés en prison pour n’importe quelle raison et finir victimes du prélèvement d’organes forcé.
Lors de votre intervention, vous avez expliqué qu’en Occident et plus précisément en Allemagne, la gauche fait preuve d’une grande indulgence à l’égard de Pékin. C’est-à-dire ?
C’est un phénomène très inquiétant que j’ai effectivement constaté dès le début de l’année 2020 lors de la crise sanitaire. Souvenez-vous à l’époque, le régime chinois a mis en place une politique très stricte de lutte contre la pandémie. La population chinoise a subi toute une série de mesures de restriction très rudes.
Et pendant que la Chine verrouillait sa propre population, j’ai observé le comportement des médias en Allemagne. La plupart d’entre eux était littéralement émerveillée par la manière dont le PCC avait géré la crise du Covid-19. Ce qui m’a particulièrement frappé.
Comment expliquez-vous cette indulgence ?
Les progressistes et ce que j’appelle « les misanthropes mondialistes » ne rêvaient que d’une seule chose : que cette politique sanitaire totalitaire soit appliquée en Occident. Évidemment, ils ne l’ont pas fait parce qu’ils savent que cela serait très risqué d’un point de vue électoral.
Une certaine élite et des responsables politiques en Occident sont donc fascinés par le régime chinois ?
C’est exact. Et comme cette élite a conscience qu’elle ne peut pas imposer directement ce genre de politique dans nos démocraties occidentales sans en payer le prix lors des élections, elle a trouvé une autre solution : modifier les statuts de l’OMS de manière à lui donner plus de pouvoir.
Ainsi, en cas de contestation populaire lors de la mise en place de mesures strictes, ces mêmes responsables politiques pourront se défausser sur l’OMS.
Pensez-vous que l’Union européenne puisse exercer une quelconque influence sur Pékin ? Le Parlement peut adopter des résolutions, par exemple.
D’abord, l’UE est bien incapable d’avoir de l’influence sur qui que ce soit. Et puis, les résolutions du Parlement n’ont que peu de valeur.
C’est la Commission de Bruxelles qui a le dernier mot dans le système européen. Si le contenu de la résolution n’intéresse pas la Commission, tout s’arrête et la résolution tombe en quelque sorte à l’eau.
Le Parlement de Strasbourg n’est qu’une façade, voire une parodie de processus démocratique.
Colette : Hé oui, c’est la CE de Bruxelles qui tirent les ficelles de toutes les lois et prises de position qui devraient revenir uniquement à l’UE. Alors oui la CE de Bruxelles soit disparaître, sinon on arrivera à être traité comme en Chine, on en voit déjà les prémices en Europe. Mais si les nations souveraines ne font rien nous ne vivrons pas mieux que les Chinois, notre crédit social sera le même. Mais les pays le veulent-ils ? Est-ce leur souhait ne serait pas de soumettre leur peuple comme en Chine ?
