15 juin 2026 – By Michèle Mazel – Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Michèle Mazel pour Dreuz.com.
Nadav Lapid, cinéaste et réalisateur israélien, est grandement apprécié à l’étranger.
Il faut dire qu’ils sont souvent attaqués par des personnalités politiques et les médias.
C’est que Nadav Lapid, qui vit en France depuis plusieurs années, ne ménage pas ses critiques envers le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et la politique menée par son gouvernement.
Il se chuchote même que ses positions auraient contribué à l’attribution de son prix à Cannes.
Cette année, il a été invité non seulement à projeter l’une de ses œuvres mais encore à faire partie de la 37e édition du FID, le Festival International du Film de Marseille, qui se tient du 7 au 12 juillet.
Sans avoir le prestige d’autres manifestations de ce genre, le FID jouit d’une solide réputation.
L’annonce de cette invitation a déclenché une campagne, pour ne pas dire une cabale.
Que reproche-t-on donc au cinéaste ?
D’être israélien.
La réalisatrice franco-algérienne Narimane Mari affirme qu’il ne s’agit pas de condamner un être humain mais de refuser « un modèle colonial ».
D’autres contestataires soulignent que, selon eux, le cinéaste bénéficie de la politique d’Israël qui permettrait aux artistes critiques de circuler dans les espaces culturels européens afin d’entretenir l’image d’une démocratie vivante, sans remettre en cause « le projet sioniste lui-même ».
La directrice du festival s’est inclinée et a déclaré :
« Nous avons décidé avec Nadav Lapid de renoncer au jury et de nous concentrer sur l’essentiel, la projection de son film et la rencontre. »
Mais cela n’a pas suffi.
Dans la foulée, l’appel au boycott s’est élargi pour protester contre la projection du film et la rencontre.
« C’est à ce moment-là que Nadav Lapid s’est retiré lui-même », explique-t-elle.
Vraiment ?
Le réalisateur n’a pu que s’élever :
« Contre un langage fondé sur la menace, auquel les institutions répondent souvent par la peur en cherchant avant tout à éviter les conflits… Il faut pouvoir discuter de la Palestine et d’Israël… et du rôle des artistes sans que ces discussions ne débouchent systématiquement sur des mécanismes de disqualification qui confinent au simplisme le plus désolant. »
Et de conclure au sujet de la décision du festival :
« Peut-être qu’ils auraient pu assumer un peu leur rôle dans un moment pareil. »
Les adversaires du cinéaste en Israël, parmi lesquels le ministre de la Culture, jubilent.
Ils n’ont rien compris.
Pour une fois, le dernier mot revient au journal Le Monde :
« Dénoncer le boycott dont est victime le cinéaste israélien Nadav Lapid, c’est dénoncer l’océan de trouille dans lequel baignent les milieux culturels et politiques. »
Colette : Triste nouvelle, encore de l’antisémitisme primaire, mais j’aimerais que cet homme comprenne cette expression : « qui sème le vent, récolte la tempête« . Il s’allie à des antisémites souvent de gauche et s’en prend à son propre peuple, il récolte les fruits. Il n’est pas question de soutenir la politique, mais il doit soutenir son peuple et sa terre. Qu’il se souvienne que le monde est antisémite, il t’aime aujourd’hui, demain il te poignardera. Il le voit de ses yeux aujourd’hui.
