28 avril 2026 – https://tribunechretienne.com./
Le nouveau projet de loi, intitulé Christian Marriage Act Bill 2026, propose de porter cet âge minimum à 18 ans pour les deux sexes
Au Pakistan, la question du mariage au sein des minorités chrétiennes connaît un tournant important. Dans la province du Pendjab, un député chrétien a récemment déposé un projet de loi visant à moderniser un cadre juridique hérité de l’époque coloniale, suscitant à la fois espoirs et débats au sein de la communauté.
Le texte actuellement en vigueur, le Christian Marriage Act de 1872, date de l’époque coloniale britannique. Jugé aujourd’hui largement dépassé, il fixe notamment l’âge minimum du mariage à 16 ans pour les garçons et à 13 ans pour les filles.
Ce cadre juridique apparaît de plus en plus en décalage avec les standards contemporains en matière de droits humains et de protection de l’enfance.
Le nouveau projet de loi, intitulé Christian Marriage Act Bill 2026, propose de porter cet âge minimum à 18 ans pour les deux sexes. Une mesure qui s’inscrit dans une dynamique plus large observée au niveau national, même si, en raison de la décentralisation des compétences, chaque province doit adopter ses propres réformes.
Au-delà de la question de l’âge légal, le projet introduit plusieurs changements significatifs. Il prévoit notamment l’obligation d’enregistrer officiellement les mariages chrétiens auprès des autorités civiles. Cette disposition vise à garantir une meilleure protection juridique des couples, notamment en matière de droits de succession, d’identité légale et de reconnaissance administrative.
Le texte entend également corriger certaines incohérences du système actuel. Il impose que les deux conjoints soient chrétiens pour que leur union soit reconnue dans ce cadre légal, alors qu’auparavant une seule des parties pouvait suffire.
Cette clarification vise à limiter les ambiguïtés juridiques, parfois exploitées dans des situations sensibles, notamment concernant les mariages impliquant des mineures. Le projet de loi s’attache aussi à adapter certaines pratiques jugées obsolètes.
Parmi elles, la suppression de l’interdiction de célébrer des mariages après 18 heures, ou encore l’élargissement du nombre de ministres du culte autorisés à célébrer des unions.
Désormais, tout pasteur affilié à une Église reconnue par l’État et disposant d’une formation théologique adéquate pourrait officier, au-delà des seules traditions historiquement dominantes.
En 2025 le Parlement pakistanais avait adopté une loi interdisant le mariage des mineurs à Islamabad, dans un cadre non chrétien. Une avancée majeure dans un pays où les unions forcées et les conversions religieuses imposées touchent chaque année des centaines de jeunes filles, notamment chrétiennes.
Au Pakistan, le mariage d’enfants reste une réalité qui touche encore des milliers de jeunes filles, notamment dans certaines régions où la pratique est socialement tolérée.
