3 février 2022 : L’édito de Charles Sannathttps://insolentiae.com

La dernière saillie d’Attal, le bien jeune porte parole du gouvernement ne laisse de me laisser pantois. Non. En réalité je ne suis pas pantois. La dérive est palpable.

Elle était également très prévisible et ce n’est pas faute de l’avoir prévue et de mettre en garde.

Continuons de le faire, mais d’abord citons Attal dans le texte.

« Dans l’après-Covid […], on veut poursuivre la redéfinition de notre contrat social, avec des devoirs qui passent avant les droits, du respect de l’autorité aux prestations sociales », a-t-il déclaré dans Le Parisien

Qu’est-ce que cela veut dire que « les devoirs passent avant les droits ? »

Nous sommes tous d’accord sur le constat et Attal commence sa phrase en confirmant que les « macronistes » veulent poursuivre la redéfinition de notre contrat social. Ceci implique que la redéfinition a déjà bien commencé. Il n’y a rien de complotiste à dire que redéfinir notre contrat social, nos droits et surtout nos devoirs, c’est redéfinir notre démocratie et notre rapport à la liberté.

On voit bien ici les glissements liberticides qui frappent notre pays.

La pandémie est évidemment un événement extraordinaire pour accélérer et mettre en place cette redéfinition du contrat social.

Faire passer les devoirs avant les droits c’est bien évidemment rendre la liberté « optionnelle » et la placer en second plan, là où l’histoire de notre pays l’a toujours positionnée au premier rang.

Les propos d’Attal, disons-le, sont une auberge espagnole. Chacun peut-y mettre tout ce qu’il veut, et surtout y projeter toutes ses peurs et toutes ses craintes. Mais le décor est planté.

Une campagne présidentielle peut d’ailleurs être l’occasion, la vraie, la grande, d’expliquer exactement ce que l’on veut comme nouveau contrat social pour les Français.

  • L’occasion d’expliquer comment on veut les contraindre parfois plutôt que de les convaincre.
  • L’occasion d’expliquer ce que l’on entend par les devoirs avant les droits.
  • L’occasion de préciser ce qui se cache derrière la redéfinition « du respect de l’autorité aux prestations sociales ».

Parce que cela ressemble furieusement à un monde où pour avoir une prestation sociale il va falloir se tenir bien sage et bien respecter l’autorité c’est-à-dire l’état et le maréchal-mamamouchi-président.

Alors, nous voyons bien à la fois le rôle de la peur pandémique, l’utilisation par les gouvernements de ces peurs, la tentation du contrôle social. Nous voyons bien la chienlit du pays, la délinquance, les agressions, et les problèmes sociaux.

Nous pouvons donc conclure que la tentation de la mise en place d’un contrôle social avec tous les outils numériques des caméras de surveillance de la route aux QR codes de vos smartphones, sera le point d’arrivée.

L’échec de la vaccination pour 2022 était une évidence analytique. La vaccination, ne pouvait pas tout régler et nous le savions déjà.

Le contrôle social, de la même manière, ne pourra pas tout régler, sauf à transformer notre contrat social et notre pays en dictature avec camps de redressement et de culture forcée des patates !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Colette : quelques exemples de la gestion du contrat sociale à la chinoise :

Mal garer un vélo, fumer dans un espace public, être grossier ou qui ont présenté des excuses qui ne sont pas jugées « sincères ». … Ces incivilités font baisser la « note sociale » attribuée à chaque citoyen chinois, et pourront bientôt en empêcher certains de prendre le train ou l’avion.

Depuis 2014, le pays travaille sur un système de notation des citoyens qui sera complètement opérationnel et obligatoire en 2020. La note sera attribuée en fonction du comportement, du casier judiciaire, mais aussi de la situation financière, de la civilité – des opinions politiques – et globalement de tous les faits et gestes.

Des points en plus pour l’achat de produits chinois, de bonnes performances au travail ou la publication sur un réseau social d’un article vantant les mérites de l’économie nationale. Des points en moins en cas d’opinions politiques dissidentes, de recherches en ligne suspectes ou de passages piétons traversés à la hâte, alors que le feu est rouge.

Désormais, les petites incivilités pourront aussi faire descendre la note des personnes concernées. L’accès limité aux transports n’est que la dernière sanction en date.

De cette même note pourra dépendre l’accès des Chinois aux transports publics, à certains services d’État, logements sociaux et formalités de prêts.

Est-ce ça que nous voulons dans un pays qui se dit démocratique et non communiste ?????

Les Français savent qu’il y a des droits et des devoirs,

« j’ai le droit de voter, je vote donc parce que pour moi c’est un devoir, pas une obligation, c’est mon choix. »

Lorsque le devoir devient une obligation ce n’est plus un droit et c’est dans cette logique que le gouvernement actuel veut emmener la France.

Pour les chrétiens, croire en Dieu est un droit, comme pour chaque homme, c’est un choix libre qu’il fait, il n’y a pas de devoir dans cette démarche. Le jour où croire deviendra un devoir, pour nous chrétiens ce sera aller à l’encontre de la volonté de Dieu, qui laisse les hommes libres de choisir la voie qu’ils veulent.

On pourrait nous obliger à croire en un autre dieu que l’Éternel par devoir, comme les Chinois qui sont obligés de croire et d’adhérer au parti communiste, car c’est leur devoir.

Le DROIT est et doit rester libre. Le DEVOIR ne doit pas devenir OBLIGATION.

La liberté est un droit, si la liberté est contrainte elle devient devoir.