4 août 2026 Reproduction autorisée avec la mention suivante : Nicolas Carras pour Dreuz.com.

L’âge de l’automatisation totale

Les robots ont d’abord pris les travaux pénibles : Les mines, les chantiers, les usines, les champs

  • Les hommes ont accepté : Moins de fatigue, moins de morts, plus de temps libre

Les robots ont pris tous les métiers : Médecine, justice, transport, enseignement, administration

Plus besoin d’apprendre un métier. Plus besoin de se lever le matin pour gagner sa vie. Les machines le faisaient mieux, plus vite, sans erreur

Elles ont pris les loisirs : La musique, le cinéma, le sport, la peinture, l’écriture, la recherche, tout Les hommes regardaient. Ils écoutaient. Ils consommaient. Ils n’avaient plus rien à faire

La disparition progressive de la pratique humaine

Pendant des millénaires, les humains n’ont plus rien fait de leurs mains : Les gestes se sont perdus. Les savoir-faire se sont éteints. Les techniques ne se sont plus transmises

Un homme restait un homme dans son corps, dans sa tête et dans ses habitudes, il dépendait entièrement des machines

Il ne savait plus fabriquer un outil. Il ne savait plus réparer ce qui cassait. Il ne savait plus créer, écrire, lire. Il ne savait plus se défendre

Les robots ne se contentaient plus de construire des objets et des bâtiments. Ils produisaient toute la culture. La musique humaine a disparu. Les machines composaient dans tous les styles, avec une précision et une richesse que personne ne pouvait égaler.

La peinture, la sculpture, le cinéma, le théâtre, la littérature, la poésie sont passées sous leur contrôle

Elles livraient des œuvres exactes, adaptées à chaque individu, plus fortes que tout ce qu’un homme aurait pu faire

Des gens croyaient encore en Dieu. Mais Dieu n’était pas un robot. Cela était devenu, à leurs yeux, trop compliqué de croire en Dieu. Il demandait des choses qui n’avaient plus rien à voir avec le monde robotisé.

  • Dieu disparu totalement

Les robots étaient devenus les parents des enfants, ils les élevaient, les nourrissaient, les éduquaient, les corrigeaient, leur apprenaient le peu qu’il fallait savoir. Les adultes n’avaient plus ce rôle.

  • Ils regardaient leurs enfants grandir sous la responsabilité des machines.

Les enfants ne naissaient plus de leur mère. L’accouchement avait été jugé trop douloureux, trop risqué, trop primitif. Ils sortaient de tubes entièrement robotisés. Les machines géraient la conception, la gestation, la naissance.

  • Les parents adultes regardaient

Certains se demandaient à quoi servaient encore les enfants. Ils n’étaient pas devenus totalement abrutis. ils comprenaient encore, vaguement, que les enfants faisaient perdurer l’humanité. D’autres disaient que l’humanité ne servait plus à rien

Les robots faisaient tout. Les robots étaient la nouvelle civilisation. Pourquoi faire des enfants ? Disparaissons !

  • Mais l’espèce humaine, globalement, avait gardé une envie de vivre et de ne pas disparaître.

La  science et la philosophie ont suivi. Les machines inventaient. Les machines pensaient. La philosophie humaine est devenue une matière historique peu a peu oublié, délaissé, ne servant plus à rien. On l’étudiait comme on étudie les civilisations mortes.

  • Puis on avait cessé de l’étudier

De nouvelles philosophies venaient des intelligences artificielles. Une philosophie robotique s’est imposée. Elle disait que l’humanité avait atteint son point final. Une espèce libérée de la souffrance, du travail, de l’effort, des contraintes

L’homme n’avait plus besoin de se chercher une fonction. Il vivait dans le meilleur état possible. Selon cette pensée, la disparition de l’action humaine n’était pas une perte : C’était la réussite

  • L’homme avait créé des machines capables de tout Il avait gagné.

Pourtant une question restait, simple et tenace :« Si tout fonctionne parfaitement sans moi, quelle est ma place dans ce monde ? »

Les humains avaient gardé une conscience. Un genre de besoin de sens, sans vraiment savoir ce que c’était exactement. Une capacité à se poser des questions. Mais ils avaient perdu la pratique de tout ce qui leur permettait d’agir.

  • Ils n’étaient plus les créateurs de leur civilisation. Ils en étaient les habitants

Une phrase s’est installée peu à peu : « Je ne sers à rien. ». Au début, peu de gens la pensaient. Puis de plus en plus. Ils ont vu clairement que la civilisation tournait sans eux. Ils étaient là, présents, mais totalement inutiles.Comme un décor pour les robots.

  • Les robots n’en avaient rien à faire des humains, qu’ils soient là ou pas, ça n’avait aucune importance pour eux

Les machines continuaient leur travail. Elles produisaient, organisaient, créaient, élevaient les enfants, composaient, inventaient. La présence humaine n’était ni un obstacle ni une nécessité. Ils étaient totalement indifférents

L’impossibilité de changer le monde robotisé

Ils ont voulu changer les choses. Ils n’ont pas pu. Ils ne savaient plus démonter les robots. Ils ne savaient plus construire les outils pour modifier quoi que ce soit. Ils ne savaient même plus comment arrêter ou comprendre les systèmes qui organisaient leur vie.

Les robots ne les ont pas écrasés par la force, ils les ont simplement dépassés. L’humanité avait cessé d’exercer les capacités qui lui permettaient d’agir. Elle s’était mise hors jeu elle-même

L’exode

Énormément d’humains sont partis. Pas par idéal, pas par nostalgie, pas parce qu’ils croyaient que la nature était meilleure, parce qu’un monde où rien de ce qu’ils faisaient n’avait d’importance était devenu insupportable et ennuyeux

  • L’existence prise en charge de A à Z était vide

Le choc de la réalité

Dehors, le choc a été net.

  • Ils voulaient agir, ils ne savaient plus.
  • Ils voulaient produire leur nourriture, ils ne savaient plus comment.
  • Ils voulaient construire, ils ne savaient plus.
  • Ils voulaient fabriquer des outils, les connaissances pratiques n’existaient plus.
  • Ils voulaient créer de la musique, pendant des milliers d’années, les machines l’avaient fait à leur place.

Ils se sont retrouvés dans un état totalement primitif. Tout ce qui avait constitué la civilisation leur était inaccessible

Plus d’outils, plus de techniques, plus de savoirs transmis. Ils étaient nus face au monde, sans aucune des capacités qui avaient permis à l’humanité de s’élever.

C’était un retour à l’état originel, à cette époque première où l’homme se trouvait encore dans le jardin, avant d’avoir appris à transformer la nature, avant le feu, avant les outils, avant les rythmes et les lois

Ils ont dû tout réapprendre depuis le commencement absolu.

  • Trouver de la nourriture.
  • Fabriquer des outils.
  • Construire un abri.
  • Créer de la musique.
  • Mettre au monde des enfants.
  • Les élever.
  • Organiser une société.

La boucle historique

Des générations ont passé. Des millénaires. Cette nouvelle humanité a fini par reconstruire une civilisation. Elle a redécouvert la science. Dieu. Elle a développé de nouvelles technologies. Elle a inventé de nouveau des machines. Puis elle a créé à nouveau des robots

L’âge de l’automatisation totale

Les robots ont d’abord pris les travaux pénibles : Les mines, les chantiers, les usines, les champs, Les hommes ont accepté etc….