30 septembre 2025 – Source : Ricardo Soares
Introduction
« On ne parle pas de religion, de politique et de football. »
Cette maxime populaire résonne dans les conversations à travers le Brésil, servant en quelque sorte de bouclier pour éviter les débats houleux.
Dans le milieu chrétien, cela se transforme souvent en une autre règle non écrite : le croyant doit rester loin de la politique, car comme on dit,
« la politique et la religion ne font pas bon ménage ».
Mais… cette mise en garde, souvent à la limite de l’omission, est-elle vraiment ce que la Bible nous enseigne ? C’est une question que nous ne pouvons ignorer.
D’un autre côté, cette hésitation à aborder le sujet n’est pas sans raison. Souvent, par manque de sagesse, ce sujet engendre de douloureuses divisions au sein de nos églises, de nos familles et de nos amitiés, nous frustre face à une corruption systémique et, finalement, nous conduit à croire à une séparation radicale entre le « sacré » (la vie ecclésiale) et le « profane » (le reste du monde).
Et au milieu de tant de confusion et d’incrédulité, l’apathie semble être le chemin le plus sûr et le plus spirituel.
Cependant, la foi biblique nous appelle à un chemin exactement opposé : celui d’un engagement courageux mais judicieux.
1. La foi au-delà des murs du temple
La Parole de Dieu n’est pas un manuel limité à la vie dévotionnelle ; c’est la « vision du monde » (lentille) à travers laquelle nous interprétons toute la réalité.
On y retrouve les paroles de Jésus qui a dit :
« Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre… » (Matthieu 28:18).
Si nous croyons que Jésus est Dieu, nous croyons à ses paroles. Si nous croyons à ses paroles, nous croyons qu’il est Seigneur de toutes choses. Et toutes choses sont toutes choses, y compris les structures qui gouvernent notre société.
De plus, dans Matthieu 22:39, Jésus nous exhorte à aimer notre prochain comme nous-mêmes. Or, ce commandement ne peut être pleinement respecté si nous ignorons les lois, les politiques et les systèmes qui affectent directement la vie, la dignité et la justice de nos voisins, qu’il s’agisse de la qualité de la santé publique, de l’éducation de nos enfants ou de la sécurité de notre rue.
Par conséquent, être indifférent à la politique, c’est, dans de nombreux cas, être indifférent à la souffrance et aux besoins de ceux qui nous entourent, et donc désobéir au commandement de Jésus.
2. L’exemple des prophètes : une voix contre l’injustice
Et cet enseignement imprègne toute l’Écriture. Les prophètes de l’Ancien Testament, comme Isaïe, Amos et Michée, l’avaient parfaitement compris. Ils ne sont pas restés silencieux face à l’injustice sociale, à la corruption des dirigeants ou à l’oppression des plus vulnérables.
Bien au contraire, leurs messages étaient un appel puissant à ce que la justice coule comme un fleuve perpétuel dans la vie publique de la nation (Amos 5:24).
Ils nous montrent que la spiritualité authentique ne se cache pas et n’ignore pas la réalité sociale, mais la confronte à la vérité de Dieu.
3. Le but de l’engagement : le sel, la lumière et le bien commun
Tout au long de cette série de chroniques, notre objectif n’est pas de défendre un parti ou une idéologie spécifique, mais de redécouvrir l’appel biblique à être le sel de la terre et la lumière du monde (Matthieu 5:13-14).
Il ne s’agit pas de rechercher le pouvoir pour le pouvoir, mais d’influencer positivement, de rechercher la justice, de défendre les plus vulnérables et de promouvoir le bien commun, reflétant le caractère du Royaume de Dieu dans la sphère publique.
Conclusion
Préparez-vous à remettre en question les idées préconçues, à plonger dans des réflexions bibliques profondes et à découvrir comment la foi chrétienne peut et doit influencer nos décisions, nos actions et nos contributions à la société d’une manière éthique, intégrale et transformatrice.
