14 avril 2023 –

Ce vendredi matin, la justice a débouté le procureur de la République de sa requête d’ordonner la suppression du prénom Hadès

La juge aux affaires familiales du tribunal de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a décidé ce jour (vendredi 14 avril), qu’un enfant né en septembre 2022 pouvait garder le prénom Hadès, que ses parents lui avaient attribué.

Lorsque les parents étaient venus déclarer la naissance de leur fils, l’officier d’état civil avait sourcillé. Il doutait que le nom donné dans la mythologie grecque au Dieu des enfers, fils de Cronos et de Rhéa, et maître du royaume souterrain et de l’empire des morts, puisse opportunément accompagner toute sa vie le nouveau-né.

L’officier de l’état civil s’était appuyé sur l’article 57 du code civil, selon lequel lorsqu’un prénom paraît « contraire à l’intérêt de l’enfant », il en alerte « sans délai » le procureur de la République.

Considérant à son tour que ce prénom serait difficile à porter, celui-ci avait alors saisi la juge aux affaires familiales et requis sa suppression.

A l’audience du 3 mars, les parents. avaient simplement expliqué qu’ils ignoraient tout de cette référence mythologique.

S’ils avaient choisi Hadès, disaient-ils, c’était parce qu’il « sonnait bien et doux » et se prononçait de la même façon en français et en espagnol, la langue paternelle du père, qui est colombien.

Rappelant « la bonne foi » des parents, la juge relève que ce prénom

« ne présente aucune consonance ridicule, péjorative ou complexe et le risque de moquerie n’est pas davantage établi ». « La seule référence mythologique ne suffit pas à établir que le prénom Hadès serait contraire à l’intérêt de l’enfant »,conclut la juge pour débouter le parquet.

« Je n’ai pas appelé mon fils Hadès en référence au dieu des enfers », s’était défendue la mère de l’enfant

Colette : Avant de donner un prénom à un enfant, il faut avoir un peu de lucidité et fouillé dans la culture pour, justement, voir quel est le sens du prénom qui est choisi, et se rappeler que si le prénom vous plaît à vous, ce sera votre enfant qui le portera toute sa vie.

Il reste que ce prénom pèsera sur cet enfant, qu’on connaisse ou pas la mythologie, l’origine et le sens de ce prénom. Il a été un temps ou les personnes réfléchissaient à deux fois avant d’appeler leur fils Adolphe.