20 mars 2026 – Francis-George Sarpédon
En Écosse, malgré un fort soutien de la population en faveur de la mise en place de l’aide à mourir médicalisée, le Parlement a rejeté le texte qui aurait légalisé une telle possibilité.
Après quatre jours de débats intensifs, les députés écossais ont rejeté un projet de loi sur l’aide à mourir le 17 mars. Des parlementaires ainsi que des groupes religieux chrétiens avaient coordonné une campagne contre un texte qu’ils jugeaient dangereux pour les plus fragiles, rapporte la presse anglo-saxonne.
C’est par 69 voix contre 57 que les députés ont voté contre. Les partisans du texte lui avaient apporté plusieurs amendements de dernière minute afin de convaincre leurs opposants qu’il présentait, dorénavant, suffisamment de garde-fous. En mai dernier, le Parlement avait voté pour la poursuite de l’examen du texte, à 70 voix contre 56.
Des pourparlers intenses
Le député libéral-démocrate Liam McArthur, grand défenseur du projet de loi, a accepté la semaine dernière de limiter l’accès à l’aide à mourir aux personnes dont l’espérance de vie est estimée à six mois. Cette concession d’une limite qu’il jugeait jusque-là arbitraire visait à convaincre les députés réticents.
Cité dans The Guardian, il affirmait qu’un vote de rejet «laisserait un nombre toujours croissant d’Écossais en fin de vie plus exposés, isolés et vulnérables» et en obligerait toujours plus à se rendre dans des cliniques d’aide à mourir à l’étranger. Selon lui, le texte amendé était «rigoureux, fortement encadré et juridiquement défendable».
Cependant, les collèges royaux de médecine ont estimé que, malgré les promesses, il n’y avait aucune certitude qu’une telle loi pourrait garantir le respect des règles de formation et de qualification des médecins impliqués dans l’aide à mourir, et ne se sont pas fiés aux promesses du Parlement britannique – qui a compétence sur la réglementation médicale au niveau national – d’y ajouter des compléments plus tard.
«A l’image de Dieu»
Parmi les députés opposés au texte, Jeremy Balfour, porteur d’un handicap, a affirmé:
«Les protections prévues par ce projet de loi ne sont pas suffisantes. Elles ne pourront jamais l’être.»
Jamie Hepburn, membre du Parti national écossais, a pour sa part changé d’avis et voté contre ce texte, car il modifiait la relation médecin-patient.
Appelant à développer les soins palliatifs, l’Église nationale d’Écosse, presbytérienne, a déclaré sur son site:
«Les chrétiens croient que chaque être humain est fait à l’image de Dieu avec une dignité et une valeur intrinsèques, cela est vrai concernant la façon dont nous vivons comme celle dont nous mourons.»
Selon un sondage YouGov de 2023, 77% des Écossais sont pour la légalisation de l’aide à mourir.
Colette : Qu’en sera t’il pour la France, la loi sur l’euthanasie revient au Sénat le 25 mars ? Est-ce que sénateurs et députés auront le courage de l’Écosse ? Je le souhaite, mais rien n’est moins sûr. Et aujourd’hui en France la population est plus mitigée. Certains ont compris que le texte de loi dit une chose et que dans la réalité les choses se passent autrement et il peut y avoir dans les années suivantes des débordements comme ça se passe ailleurs.
