13 février 2026 – https://www.lavie.fr/ – Par Alexia Vidot

Explorons la prière que Jésus lui-même a enseignée à ses disciples, pour en retrouver toute la saveur. Avant d’en décliner les sept demandes, penchons-nous sur son contexte, sa structure et son invocation initiale.

Transmis par Matthieu et par Luc, le Notre Père est la prière même de Jésus qu’il a voulu transmettre à ses disciples. « Bréviaire de tout l’Évangile », selon l’expression de Tertullien, il est une école du désir et un chemin pour devenir fils et filles de « notre Père qui est aux cieux ».

La prière du Seigneur

Le Notre Père nous est transmis par Matthieu et Luc. Alors que chez Matthieu, il est précédé par un bref enseignement sur la prière, au sein du Sermon sur la montagne, chez Luc, il est introduit par cette remarque :

Le Notre Père qu’Il enseigne alors à ses disciples (en hébreu ou en araméen), Jésus le tire de son dialogue intime avec Dieu. Il ne leur communique donc pas de simples mots : il veut les faire participer à sa prière personnelle, les mettre dans ses propres dispositions et les conduire, par l’Esprit, jusqu’au cœur de Dieu.

Une école du désir

L’Église a reçu la forme transmise par Matthieu 6/9-15, plus développée que celle de Luc. Cette version se compose d’une invocation initiale et de sept demandes. Dans les trois premières demandes, formulées à la deuxième personne du singulier, il est question de Dieu.

Notre Père qui est aux cieux,

  • que ton nom soit sanctifié,
  • que ton règne vienne,
  • que te volonté soit faite sur la terre comme au ciel

Les quatre suivantes, à la première personne du pluriel, concernent nos besoins, nos espérances et nos difficultés.

  • Donne nous aujourd’hui notre pain quotidien,
  • pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés,
  • ne nous induis pas en tentation,
  • mais délivre-nous du malin

Le Notre Père, est ainsi structuré comme le Décalogue, qui récapitule la Torah.

Or, cet ordre des demandes n’est pas naturel ! En commençant avec Dieu, dont il affirme la primauté, le Notre Père nous réapprend les priorités, il réoriente notre désir :

Prière personnelle et ecclésiale

Seul Jésus, le « Fils » au sens plénier, pouvait s’adresser à Dieu en disant « mon Père », comme à Gethsémani : Abba, « papa » en araméen.

Mais par son incarnation, sa mort et sa résurrection, il nous a accueillis dans sa condition même de Fils. « Seul le “nous” des disciples nous permet de nommer Dieu le Père, car c’est uniquement à travers la communion avec Jésus Christ que nous devenons vraiment “fils de Dieu” »,

C’est seulement en entrant dans ce « nous », lequel réveille le for intérieur de chacun, que nous pouvons nous élever jusqu’au Père qui est aux cieux, c’est-à-dire au-delà de toutes les frontières.

L’invocation initiale du Notre Père est donc un appel à suivre Jésus pour vivre toujours plus comme « fils » et « filles », membres de la famille de Dieu.