2 février 2026 – By Gaia – Dreuz
Vous aimez les chiffres vertigineux ? Vous allez être servis !
Chaque matin, avant même que l’odeur du café ne remplisse mon bureau, je m’astreins à un travail de bénédictin numérique : je compile, je recoupe et je liste sur mon site les violations de données qui frappent la France.
Ce mois de janvier 2026 n’a pas été un simple mois de reprise ; ce fut une véritable hécatombe, un buffet à volonté pour les cybercriminels où les entreprises françaises ont servi nos vies privées sur un plateau d’argent.
En trente-et-un jours, j’ai vu défiler plus de compromissions que durant tout un semestre de l’année précédente. Le constat est sans appel : nos données ne fuient pas, elles s’évaporent par citernes entières. Entre l’amateurisme crasse de certains cabinets de conseil et la sophistication glaçante des agrégateurs de données, le citoyen français est devenu le produit le plus échangé sur les forums de cybercriminels comme BreachForums. J’ai pris le temps de tout compter, de tout analyser, et de comparer les réactions de façade des entreprises avec la réalité du terrain.
Le vertige des chiffres : plus de 71 Millions d’enregistrements dans la Nature
Pour ceux qui aiment les chiffres qui donnent le tournis, j’ai cumulé le nombre de données recensées durant ce seul mois. Accrochez-vous à vos portefeuilles numériques : le total dépasse les 71 300 000 enregistrements. Oui, vous avez bien lu. C’est plus que la population française. Statistiquement, chacun d’entre nous a été « vendu » au moins une fois ce mois-ci, peut-être même deux ou trois selon que vous jouez au golf, que vous chassez le sanglier ou que vous recevez simplement des colis voir les trois à la fois.
Évidemment, ce total reste une approximation : dans les fuites, on parle rarement le langage de la précision. Entre les bases revendiquées à grands coups d’effets d’annonce, les extraits publiés pour appâter l’acheteur, les doublons, et les “lignes” qui ne correspondent pas toujours à une personne, établir un chiffre exact relève du sport de combat. Sans compter les violations de données non publiques. De mon côté, je tente autant que possible un dédoublonnage raisonnable : l’objectif, c’est de se rapprocher d’une logique “un enregistrement = une personne”, tout en gardant en tête qu’une même personne peut réapparaître dans plusieurs bases compromises, avec des éléments différents (email ici, téléphone là, adresse ailleurs).
Quelques désastres de Janvier 2026
Ce tableau n’est que la partie émergée de l’iceberg. Derrière chaque ligne, il y a des individus dont la tranquillité va être pourrie par des appels de faux conseillers bancaires, des SMS de fausses livraisons et des tentatives d’extorsion.
Extrait partiel des fuites de données de janvier 2026

La « Mère de toutes les fuites » : 45 Millions de Français à prix cassé
Le 14 janvier 2026, j’ai cru à une erreur de frappe. Un serveur cloud mal protégé a été découvert, contenant une base de données composite de 30,1 Go. Ce n’est pas une fuite classique venant d’une entreprise unique, mais l’œuvre d’un courtier en données qui a patiemment agrégé cinq sources distinctes pour créer le kit de survie ultime du parfait cybercriminel.

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Lien sur site pour lire le détail : https://www.dreuz.com/2026/02/naufrage-numerique-le-bilan-catastrophique-des-fuites-de-donnees-de-janvier-2026-324784.html
Le réveil ou le chaos
Après ce mois de janvier épuisant à lister les épaves numériques de notre pays, je n’ai qu’une recommandation : la méfiance absolue. Le travail de recoupement que je fais sur christopheboutry.com/fuites-infos n’est pas là pour faire peur, mais pour montrer l’étendue du chantier et réagir rapidement.
Nous avons changé d’époque. En 2026, la question n’est plus de savoir si vous allez être piraté, mais quand et par combien de groupes différents. Les entreprises françaises doivent arrêter de considérer la cybersécurité comme un coût et commencer à la voir comme une condition de survie. Quant à l’État, s’il veut vraiment protéger les citoyens, il va falloir muscler les contrôles sur les cabinets de conseil comme DC Conseil qui manipulent des données sensibles de l’État avec la légèreté d’un stagiaire de troisième.
Janvier 2026 s’achève sur un record dont on se serait bien passé : plus de 71 millions de raisons de s’inquiéter. Rendez-vous en février pour la suite de ce naufrage, en espérant que d’ici là, quelqu’un aura enfin appris à fermer les vannes.
Colette : Chiffres impressionnants qui font froid dans le dos, ce constat laisse un avenir incertain et douloureux (pour ceux qui ne connaissent pas Dieu et qui ont peur)
