5 février 2026 – Source : Guiame, Daniel Ramos
« Il n’y a pas d’autre Évangile que celui que nous avons déjà enseigné », exhortait Paul.
Introduction
La quête de Dieu est un chemin sacré, mais il est parfois obscurci par des doctrines erronées – des enseignements qui, bien que souvent répétés, sont dépourvus de fondement biblique. Ces idées fausses, souvent nées d’une bonne intention de simplification ou de motivation, peuvent engendrer une foi fragile, fondée sur des promesses humaines et non sur la souveraineté divine.
Examiner nos croyances à la lumière de la Parole est un acte d’amour et de fidélité à la vérité. Voici cinq de ces « mensonges » fréquemment propagés en chaire.
- 1. Le mensonge de la « foi comme transaction » :
«Si vous avez suffisamment de foi, Dieu sera obligé de vous bénir.»
Enseignement répandu : Ce mensonge est au cœur de la théologie de la prospérité. Il transforme la foi en monnaie d’échange, une force mystique qui, exercée avec la bonne intensité, contraint Dieu à agir selon notre volonté. Les fidèles sont ainsi amenés à croire que les maladies non guéries ou les prières restées sans réponse sont en fin de compte la conséquence d’une foi insuffisante.
Vérité théologique : La foi biblique n’est pas une baguette magique, mais une confiance soumise en la personne et le caractère de Dieu, quelles que soient les circonstances. Le récit de Jésus à Gethsémani illustre parfaitement cet enseignement :
« Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi ! Toutefois, non pas ma volonté, mais la tienne » (Matthieu 26:39).
La foi du Christ était parfaite, et pourtant, sa requête reçut un « non » du Père, pour le bien de tous. Dieu n’est pas un compteur de services cosmiques ; il est le Père souverain qui, dans son omniscience et son amour, sait ce qui est le mieux pour ses enfants (Romains 8:28).
La vraie foi, c’est lui faire confiance même lorsqu’il dit « non ».
- 2. Le mensonge du « christianisme sans la croix » :
« Acceptez Jésus et tous vos problèmes prendront fin. »
Éducation populaire : ce mensonge présente l’Évangile comme un produit qui élimine la souffrance. Il crée l’illusion que le vrai chrétien vivra dans une bulle protectrice, à l’abri des crises financières, des maladies et de la tristesse.
Vérité théologique : Jésus n’a jamais promis une vie sans souffrance ; au contraire, il a promis le contraire.
« Dans ce monde, vous aurez des tribulations. Mais prenez courage, j’ai vaincu le monde » (Jean 16, 33).
Le message de l’Évangile n’est pas l’absence de problèmes, mais la présence de Dieu au cœur même des épreuves. La croix n’est pas un symbole de confort terrestre, mais de souffrance rédemptrice. Suivre le Christ, c’est porter sa propre croix (Luc 9, 23), ce qui implique renoncement, persécution et, dans de nombreuses régions du monde, même la mort.
La promesse n’est pas la fin de la tempête, mais l’ancre qui nous protège en son sein.
- 3. Le mensonge du « salut par les œuvres » :
« Dieu vous aime davantage lorsque vous lui obéissez. »
Enseignement répandu : Bien que rarement formulé aussi crûment, ce mensonge imprègne la culture de nombreuses églises par un légalisme pesant. La grâce est présentée comme la clé du succès, mais la foi semble dépendre de nos actions : fréquentation de l’église, lecture de la Bible, dîme et abstinence. L’amour de Dieu est présenté comme conditionnel.
Vérité théologique : La grâce est au cœur de l’Évangile.
« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éphésiens 2.8-9).
L’amour de Dieu pour nous ne dépend pas de nos performances spirituelles. Il nous aime parce qu’il est amour (1 Jean 4.8), et non parce que nous sommes dignes d’amour. L’obéissance n’est pas le moyen de gagner l’amour de Dieu, mais la réponse gratifiante de celui qui l’a déjà reçu . Elle est le fruit, et non la racine, du salut.
Faire peser le fardeau des œuvres sur les épaules des croyants, c’est nier la pleine efficacité de l’œuvre du Christ sur la croix.
- 4. Le mensonge du « prédicateur comme seul canal de Dieu » :
« Ce que dit le pasteur est le dernier mot. »
Éducation populaire : Ce mensonge crée une classe cléricale intouchable, où le leadership spirituel est érigé en modèle d’infaillibilité. Remettre en question le leader est assimilé à remettre en question Dieu lui-même. Cela engendre des abus spirituels, une dépendance malsaine et empêche l’exercice du sacerdoce universel de tous les croyants.
Vérité théologique : La Bible exalte l’humilité et la responsabilité des dirigeants, non leur infaillibilité. Les Béréens étaient « plus nobles » non pas parce qu’ils acceptaient passivement les enseignements de Paul, mais parce qu’ils
« examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était vrai » (Actes 17.11).
Chaque croyant reçoit le Saint-Esprit qui le conduit « dans toute la vérité » (Jean 16.13) et l’encourage à discerner les esprits (1 Jean 4.1).
L’autorité suprême ne réside pas en un homme, aussi doué soit-il, mais dans les Saintes Écritures.
- 5. Le mensonge du « développement personnel mystique » :
« Dieu veut réaliser vos rêves. »
Éducation populaire : Il s’agit d’une version subtile et moderne de l’erreur précédente. L’Évangile est réduit à un outil d’épanouissement personnel. L’attention se détourne du royaume de Dieu et de sa justice pour se porter sur nos projets personnels, nos carrières et nos ambitions. Dieu est alors dépeint comme un copilote ou un génie dans une lampe, existant uniquement pour valider et financer nos projets égoïstes.
Vérité théologique : L’appel du Christ est un appel à la mort de soi.
« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera » (Matthieu 16,25).
L’Évangile n’a pas pour but de réaliser nos rêves, mais de nous en inspirer de nouveaux. Il ne s’agit pas de nous rendre heureux selon les critères du monde, mais de nous sanctifier à l’image du Christ (Romains 8,29).
La vie chrétienne consiste à soumettre inconditionnellement notre volonté à la sienne, en ayant la certitude que ses desseins, bien que mystérieux, sont infiniment supérieurs aux nôtres (Ésaïe 55,8-9).
Conclusion
Démasquer ces mensonges n’est pas un acte de cynisme, mais de dévotion. C’est un retour à l’Évangile pur et simple,
- qui libère au lieu d’opprimer,
- qui fortifie au lieu d’affaiblir,
- et qui glorifie Dieu, non l’homme.
Puisse notre foi ne pas reposer sur le sable mouvant des slogans accrocheurs, mais sur le roc inébranlable de Jésus-Christ et de sa Parole, où nous ne trouvons pas un Dieu qui se plie à nos caprices, mais le Dieu qui, dans son insondable grâce, se donne lui-même pour notre salut.
