16 septembre 2025 – Source : Guiame, Matheus Grismaldi
La prochaine génération sera transformée par des hommes ordinaires qui, par conviction, décident de vivre une vie extraordinaire devant Dieu.
La mort du militant conservateur Charlie Kirk, marié et père de deux enfants âgé de 31 ans, abattu lors d’un discours dans une université de l’Utah, a été choquante non seulement par la brutalité de l’acte lui-même, mais aussi par ce qu’il symbolise en cette période de crise morale et culturelle. Ce n’est pas seulement une question de politique. C’est une tragédie qui devrait susciter empathie, compassion et réflexion sur ce que signifie être un homme à notre époque.
Les réactions à sa mort ont révélé un gouffre d’interprétations : pour certains, Kirk est resté dans le souvenir d’un martyr ; pour d’autres, il n’était rien d’autre qu’un acteur politique, jamais comparable à des figures liées à la foi. Mais ce réductionnisme occulte des figures comme Dietrich Bonhoeffer et Thomas Becket, qui ont également occupé l’espace public et dont on se souvient néanmoins comme des hommes qui n’ont transigé ni sur leurs principes ni sur leur foi, même face à la persécution et à la mort.
Cet épisode révèle non seulement la polarisation des discours, mais aussi la rareté de véritables modèles masculins. Nous traversons une crise silencieuse et dévastatrice : des hommes qui devraient être des piliers, mais qui sont devenus des spectateurs. Nombre d’entre eux ont vieilli, mais leurs convictions n’ont pas mûri.
- Et la question résonne : qui forme les hommes de cette génération ?
Aujourd’hui, une génération se targue de maîtriser les statistiques sportives, de répéter les slogans des influenceurs et d’afficher des opinions incendiaires sur les réseaux sociaux. Mais derrière tout cela se cache un vide flagrant : un manque de responsabilité, de foi et de cohérence.
- Ce ne sont pas les informations qui manquent, ce sont les convictions qui manquent.
- Ce ne sont plus les discours qui manquent, c’est la transformation qui manque.
- Ce ne sont pas les adeptes qui manquent, mais les leaders bien placés.
Nous vivons à une époque où la masculinité se réduit à la performance – vanité, pouvoir, statut. Exhiber ses atouts pour paraître quelqu’un que l’on n’est pas. Mais ces hommes sont fragiles, car ils ne sont pas forgés dans des valeurs éternelles, mais plutôt par des désirs passagers. Il en résulte une génération qui confond leadership et imposition, autorité et arrogance, et liberté et esquive des responsabilités.
Ils ne portent pas de valeurs ; ils portent des caprices. En même temps, ils critiquent les femmes qui ont mûri et pris des responsabilités qu’elles avaient abandonnées. Une inversion silencieuse se produit : beaucoup d’ego, mais pas assez d’honneur.
Les Écritures exposent cette contradiction. Jacques 1:22 nous rappelle :
« Ne vous contentez pas d’écouter la parole, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. »
Le problème n’est pas le manque d’information, mais le manque de transformation. Ceux qui se contentent d’écouter sans agir construisent sur du sable et s’effondrent à la première tempête.
La nouvelle génération réclame des modèles. Mais qui occupe cette place ? Des footballeurs, des influenceurs numériques, des coachs de réussite, des idoles inaccessibles ? Le monde réclame des exemples vivants d’intégrité qui influencent par leur témoignage, comme Charlie.
C.S. Lewis avait déjà prévenu dans L’Abolition de l’Homme :
Nous rendons les hommes sans cœur et attendons d’eux vertu et initiative. Nous nous moquons de l’honneur et sommes choqués de trouver des traîtres parmi nous.
Nous n’avons pas besoin de caricatures de masculinité. Nous avons besoin d’hommes avec un grand H. Des hommes qui savent que diriger, c’est servir, que l’autorité, c’est la responsabilité, que le véritable pouvoir naît de la crainte de Dieu.
Des hommes qui, comme l’enseigne Proverbes 20:7, marchent dans l’intégrité et laissent derrière eux des enfants bénis. Des hommes qui, comme Paul, abandonnent les « chemins enfantins » (1 Corinthiens 13:11). Des hommes qui prient en secret mais vivent avec constance en public.
La masculinité biblique n’est ni violente ni passive. Elle est ferme, sacrificielle, humble et responsable. Elle est capable de soutenir les familles, de bâtir des ministères et de laisser un héritage.
La mort de Charlie Kirk est un appel à la réflexion : que ferons-nous ? Allons-nous simplement commenter les tragédies, ou allons-nous nous élever comme des modèles de courage et de foi ?
La prochaine génération ne sera pas transformée par des discours enflammés ou des gros titres militants. Elle sera transformée par des gens ordinaires qui, par conviction, décident de vivre une vie extraordinaire devant Dieu.
Parce que la virilité n’est pas un don, c’est une décision. Et l’histoire attend encore les hommes qui décident de grandir.
