25 juin 2025 – https://chretiens.com/ – Peter Fuchs, CSI-Allemagne
L’attentat terroriste du 22 juin 2025 contre l’église grecque orthodoxe Saint-Élie à Damas (Syrie) a fait 29 morts et plus de 50 blessés. Ce crime a concrétisé les pires craintes des chrétiens de Syrie. Leur espoir d’une patrie pacifique s’amenuise.
Après les violences génocidaires contre la minorité alaouite sur la côte et les attaques contre les druzes à Damas et dans le sud de la Syrie, de nombreux chrétiens craignaient d’être les prochaines victimes des islamistes qui contrôlent le pays.
Mirna, une jeune mère de trois enfants, a déclaré à CSI juste après l’attentat perpétré dans la soirée du 22 Juin 2025 au cœur de Damas :
« Nous nous sommes souvent plaints de Bachar el-Assad et de ses services secrets. Mais maintenant, nous voyons où nous en sommes sans sa protection. Les partisans de l’État islamique (EI) se déplacent désormais librement dans toute la Syrie. Ils font la loi et nous harcèlent, nous et nos enfants. Ils sont les nouveaux maîtres et veulent une Syrie sans chrétiens, sans alaouites, sans druzes. Nous sommes sans défense. Nous n’avons plus d’autre solution : nous, les chrétiens, devons émigrer. L’Europe doit nous aider à tous sortir du pays, sinon d’autres personnes mourront. »
L’attentat-suicide contre l’église grecque orthodoxe Saint-Élie de Damas, située dans le quartier ouvrier et artisanal de Dweila, envoie un message de menace sans équivoque aux chrétiens de Syrie. Il faut garder à l’esprit que cette église n’est située qu’à quelques centaines de mètres du quartier chrétien de Bab Touma, avec ses rues rectilignes et ses innombrables églises, et qu’elle se trouve également à proximité du lieu de pèlerinage où Paul est tombé de cheval et a eu la célèbre apparition du Christ.
Un gouvernement incapable ou peu disposé
L’attentat a profondément bouleversé la communauté chrétienne de Syrie. Si la sécurité n’est pas assurée dans la capitale, elle ne l’est pas non plus dans les autres villes et villages du pays considéré comme le berceau du christianisme.
Les auteurs islamistes de cet attentat veulent que les chrétiens ne se sentent en sécurité nulle part. La terreur doit les pousser à quitter leur patrie. Et le nouveau régime syrien, dirigé par le président djihadiste Ahmed al-Charaa, n’est en tout cas ni capable ni disposé à protéger la minorité chrétienne du pays.
D’autres attentats annoncés
Les chrétiens de Damas n’ont pas dormi la nuit qui a suivi l’attentat. Ce lundi est marqué par une profonde tristesse. De nombreuses rues sont bloquées, les funérailles des victimes sont préparées… et la haine antichrétienne continue de croître : des chrétiens syriens rapportent que des extrémistes sunnites annoncent sur les réseaux sociaux de nouveaux attentats pour le 29 juin contre des églises précisément désignées dans la région de Hama.
Le cri de guerre d’autrefois du Front al-Nosra, fondé en 2012 par Ahmed al-Charaa, devient une tragique réalité : « Les chrétiens à Beyrouth, les alaouites dans la tombe ! »
L’UE et les États-Unis sont appelés à agir
Christian Solidarity International (CSI) appelle l’Union européenne et les États-Unis à garantir la sécurité des chrétiens et de toutes les minorités en Syrie et à enquêter sur les circonstances de l’attentat contre l’église Saint-Élie. Il faut exercer une pression massive sur le régime de Damas afin de faire clairement comprendre que la liberté de religion et l’intégrité physique des minorités syriennes ne sont pas négociables.
Toute coopération future avec le régime d’al-Charaa doit être subordonnée à ce principe.
Colette : Ce principe n’a pas été entendu, ni compris par l’Europe et de fait par la France. J’ai entendu les louanges faites à cet homme président de la Syrie par notre propre gouvernement. Et comme la vie des chrétiens ne touchent pas nos gouvernants, il y a de graves risques que les attentats perdurent. Que Dieu garde ses enfants contre ses bourreaux.
