5 juin 2025 – Source : Guiame, Daniel Ramos
La question du récit aux finalités étranges.
Que la paix soit avec vous, bien-aimés. La Fenêtre d’Overton , ou Fenêtre du Discours , est un concept qui décrit l’ éventail des idées considérées comme acceptables ou tolérables dans le débat public à un moment donné . Elle doit son nom à Joseph P. Overton, qui a créé ce modèle pour expliquer comment les idées passent de l’impensable à l’acceptation générale. Considérez-le comme un « spectre » d’opinions sur un sujet donné. Dans toute société, il existe des idées qui sont :
– Impensable : Idées qui sont complètement en dehors de ce qui est considéré comme acceptable, considérées comme absurdes ou extrêmes.
– Radical : Idées défendues par des groupes minoritaires, mais qui ne sont pas encore largement acceptées.
– Acceptable : Idées que la plupart des gens considèrent comme raisonnables et qui peuvent être discutées ouvertement.
– Sensible/Politique : Idées considérées comme viables et pouvant devenir des politiques publiques.
– Populaire : Idées largement acceptées et même attendues par la majorité.
La fenêtre d’Overton n’est pas figée ; elle peut évoluer au fil du temps. Ce qui était impensable autrefois peut devenir acceptable, voire populaire, à l’avenir, et inversement. Cette évolution se produit généralement progressivement, par l’introduction et la discussion d’idées qui peuvent paraître radicales à première vue.
En pratique, ce concept suggère qu’en introduisant et en discutant d’idées qui se situent hors de la période d’acceptabilité actuelle, il est possible de modifier la perception du public . Par exemple, un groupe pourrait se mettre à défendre avec persistance une idée « radicale », ce qui, avec le temps, pourrait la rendre moins choquante, puis tolérable, et finalement acceptable, voire envisagée pour mise en œuvre.
Les politiciens, les militants et autres acteurs sociaux peuvent tenter de « progresser » ou de « déplacer » la fenêtre d’Overton afin que leurs propres idées, qui auraient autrement été rejetées, soient perçues comme faisant partie du consensus ou, du moins, comme une option viable. Comprendre la fenêtre d’Overton est essentiel pour :
- Analyser le débat public : Permet d’identifier quelles idées sont en hausse ou en baisse d’acceptation sociale.
- Comprendre le changement social : aide à comprendre comment certains problèmes gagnent ou perdent de leur intensité au fil du temps.
- Développer des stratégies de communication : Que ce soit pour défendre une idée ou pour résister à un changement, il est important de savoir comment les perceptions peuvent être façonnées.
En bref, la fenêtre d’Overton est un outil théorique qui nous aide à comprendre la dynamique de l’opinion publique et la façon dont les idées évoluent de « l’impensable » à la « normale » dans une société.
Appliquer le concept de la Fenêtre d’Overton à l’Église évangélique du Brésil est un exercice intéressant pour comprendre la dynamique interne et la relation de ce segment avec la société au sens large. Il est important de souligner que l’Église évangélique n’est pas un bloc monolithique ; elle est composée d’un large éventail de confessions, aux théologies, pratiques et positions différentes. Cependant, nous pouvons identifier certaines idées qui franchissent la fenêtre d’acceptabilité au sein de cet univers.
Le vitrail d’Overton dans l’Église évangélique – Observations générales :
La Fenêtre d’Overton de l’Église évangélique brésilienne tend à être plus conservatrice que la société laïque brésilienne à plusieurs égards. Cela signifie que des idées considérées comme « radicales » ou « inconcevables » au sein de la communauté évangélique peuvent déjà être acceptées, voire populaires, dans la société en général, et inversement.
Exemples d’idées et de leur positionnement dans la fenêtre évangélique d’Overton :
1. Questions de genre et de sexualité :
- Idées populaires/sensées (dans les cercles évangéliques les plus conservateurs) : Le mariage hétérosexuel comme seule union bénie par Dieu. Les rôles traditionnels de genre (l’homme comme pourvoyeur/leader, la femme comme soignante/aidante). L’abstinence sexuelle avant le mariage.
- Idées acceptables/discutables (dans des cercles plus ouverts) : Discussion sur les violences faites aux femmes. Ouverture au dialogue avec la communauté LGBTQIA+ (sans toutefois cautionner certaines pratiques).
- Idées radicales/impensables (pour la majorité conservatrice, mais présentes dans les mouvements progressistes) : pleine acceptation des personnes LGBTQIA+ dans les ministères et les instances dirigeantes. Mariage homosexuel. Théologies féministes qui remettent en question les hiérarchies de genre.
2. Politique et activisme social :
- Idées populaires/sensées : Participation politique pour défendre les « valeurs chrétiennes » (anti-avortement, anti-« idéologie du genre »). Œuvres sociales et caritatives. Soutien aux politiciens qui adhèrent au programme évangélique conservateur.
- Idées acceptables/discutables : Discussion sur la justice sociale et la lutte contre la pauvreté (théologie de la mission intégrale, bien qu’il existe différentes interprétations). Engagement sur les questions de droits de l’homme (avec réserves).
- Idées radicales/impensables (pour la majorité, mais présentes chez les minorités) : Alignement sur les mouvements sociaux progressistes (LGBT, féministes, mouvements raciaux). Théologie de la libération (historiquement davantage associée au catholicisme, mais avec des nuances dans certaines mouvances évangéliques). Critique ouverte de l’instrumentalisation politique de la foi.
3. Théologie et doctrine :
- Idées populaires/sensées : La centralité de la Bible comme Parole de Dieu. Le salut par la foi en Jésus-Christ. L’importance de l’évangélisation et des missions.
- Idées acceptables/discutables : Différentes interprétations des dons spirituels (pentecôtisme vs traditionalisme). Débats sur l’eschatologie (fin des temps).
- Idées radicales/impensables : remise en question de l’infaillibilité biblique. Rejet des dogmes fondamentaux du christianisme.
Comment la fenêtre d’Overton évolue dans l’Église évangélique :
- Influence externe : La fenêtre d’Overton de la société laïque peut exercer une pression sur l’Église évangélique. Par exemple, à mesure que l’acceptation des questions LGBTQIA+ progresse dans la société, certains segments évangéliques peuvent ressentir le besoin de réévaluer leurs positions, même légèrement, afin d’éviter de s’aliéner les croyants ou de perdre toute pertinence aux yeux des nouvelles générations.
- Mouvements internes : Il existe au sein de l’Église évangélique des mouvements « progressistes » (tels que les évangéliques de gauche, les évangéliques antiracistes, les évangéliques pour la diversité) qui œuvrent à faire bouger les choses, en introduisant et en défendant des idées jusque-là considérées comme impensables. Ils remettent en question les discours hégémoniques et cherchent à réinterpréter la foi à la lumière des enjeux sociaux contemporains.
- Leadership et médias : Les pasteurs, théologiens et médias évangéliques influents jouent un rôle crucial dans l’élaboration de la Fenêtre d’Overton. Ils peuvent à la fois renforcer le conservatisme et ouvrir la voie à de nouvelles discussions.
- Crises et défis : Les événements sociaux, politiques ou les crises internes peuvent conduire à des réévaluations de positions et, par conséquent, à un déplacement de la fenêtre d’Overton dans certains domaines.
Il s’agit d’un processus continu et souvent lent, où règne une tension constante entre le maintien des traditions et l’adaptation aux nouvelles réalités sociales et théologiques.
La Fenêtre d’Overton nous aide à visualiser cette dynamique et à comprendre pourquoi certaines idées gagnent ou perdent du terrain au sein de l’univers évangélique brésilien.
Colette : On peut rajouter que cette dynamique sur les idées n’est pas réservée à l’Église du Brésil, mais aux Églises en général. Ne pas chercher à interpréter les idées du monde et les appliquer à l’Église, mais chercher qu’elle est la volonté de Dieu, dans nos situations et dans la marche de l’Église et l’appliquer.
« Par exemple, à mesure que l’acceptation des questions LGBTQIA+ progresse dans la société, certains segments évangéliques peuvent ressentir le besoin de réévaluer leurs positions, même légèrement, afin d’éviter de s’aliéner les croyants ou de perdre toute pertinence aux yeux des nouvelles générations. »
Ce genre de discours ou de discussion, ne devait pas avoir lieu dans le corps de Christ, réévaluer, si ont doit accepter ces minorités qui sont en désaccord et en abomination devant Dieu, pour plaire aux jeunes de l’Église, ça s’appelle du compromis. Et le compromis nous pouvons voir que l’Église d’aujourd’hui en use et en abuse sans en avoir honte. C’est à Dieu que nous devons plaire, pas au monde, malheureusement, ne serait-ce que dans la musique, les compromis abondent pour plaire à la jeunesse, et les dirigeants ne sont pas fichus d’en faire des disciples.
