26 mai 2024 – Par Michel Janva –https://lesalonbeige.fr/
Eve Vaguerlant, agrégée, docteur en lettres, enseignante dans un collège d’Ile-de-France et mère d’une petite fille, publie un ouvrage dénonçant L’Effacement des mères : Du féminisme à la haine de la maternité.
Les femmes ont de moins en moins d’enfants en France et aucune voix ne peut plus aujourd’hui s’autoriser à encourager une politique nataliste.
Analysant ce tabou idéologique, l’auteur montre que, dès son origine, le féminisme issu des années 1970 n’a pas seulement eu pour vocation de libérer les femmes de l’emprise de leur père et de leur mari, mais de les éloigner de la maternité.
Ce féminisme est allé plus loin en soutenant la négation de la différence des sexes, qui pousse à rejeter en priorité la première caractéristique du féminin, à savoir la possibilité de porter la vie.
Aujourd’hui, en faisant du féminin un choix, un « ressenti », entièrement déconnecté de toute réalité biologique, les arrière-petites-filles de Mme de Beauvoir prônent une idéologie qui, à terme, nie purement et simplement la nature de l’homme et de la femme.
Elle rapproche le féminisme moderne de l’hérésie cathare :
Les cathares voulaient s’abstraire d’un monde jugé mauvais, pour tendre vers une vie de purs esprits ; les féministes veulent aujourd’hui créer un être féminin entièrement désincarné, indépendant de toute donnée biologique ; elles veulent épurer les rapports entre les hommes et les femmes, les rendre parfaitement lisses, vidés de toute pulsion de désir (du côté du mal en tout cas), afin de les rétablir sur le mode du contrat. Elles créent un nouveau puritanisme qui voit avec horreur la drague et même la galanterie et qui finit par ruiner la complicité sexuelle et l’érotisme. Elles ont aussi la chair en horreur, et rejettent la maternité qui fait de la femme un être tellement charnel. On a souvent recouru à propos des cathares à l’expression pascalienne “Qui veut faire l’ange fait la bête” ; en effet, l’idéal de pureté cathare aboutissait finalement, sinon à une ignoble débauche, du moins à un dévergondage qui rendait les gens insensibles à ce qu’il y a de beau dans l’engagement de deux êtres pour la vie ; sans parler de l’aveuglement ou de la cruauté dont il faut faire preuve pour laisser un enfant malade ou une personne âgée mourir de faim et de soif.
