9 août 2023 – Repéré par Camille Lemaître sur Big Think – https://korii.slate.fr/
Les «thanabots» pourraient bientôt déferler sur le monde.
Nous vous l’avions déjà évoqué sur Slate.fr :en avril 2023, l’informaticien Pratik Desai appelait les internautes à enregistrer régulièrement leurs parents et proches, afin de créer des avatars à leur effigie avec qui discuter après leur décès. Des entreprises comme Somnium Space et DeepBrain s’étaient déjà engouffrées dans la brèche.
Bien que terrifiante pour le commun des… mortels, à qui elle rappelle le glaçant épisode « Bientôt de retour » de la série de science-fiction Black Mirror, cette perspective se rapproche à grande vitesse en raison des progrès de l’intelligence artificielle (IA), comme l’explique le site spécialisé Big Think.
Le Project December a quant à lui été lancé en 2021 par le développeur Jason Rohrer. Après avoir créé un avatar du personnage Spook de la série télévisée Star Trek, il propose désormais aux utilisateurs, en échange d’un abonnement payant, de rentrer toutes les données qu’ils souhaitent au sujet d’une personne décédée, afin de générer un «thanabot», soit un robot conversationnel basé sur un mort.
Dès juillet 2021, l’auteur et journaliste Jason Fagone décrivait l’expérience comme «saisissante», dans un long récit pour le quotidien San Francisco Chronicle.
Ceci est une résurrection
Depuis un an, les progrès fulgurants des intelligences artificielles génératives, capables de produire de l’image, du son et surtout du texte – donc de concevoir des robots conversationnels extrêmement performants –, devraient permettre l’avènement de «thanabots» encore plus convaincants.
Notamment parce que ces modèles d’IA s’entraînent sur de très vastes quantités de données et passent sans encombre le test de Turing (malgré une certaine propension à raconter n’importe quoi).
Par ailleurs, les Gafam investissent aussi massivement dans l’IA parce qu’ils collectent nos données.
Chacun veut son «ChatGPT», son chatbot maison basé sur l’IA:
- Google développe Bard,
- Microsoft planche sur Bing Chat (lui-même basé sur ChatGPT),
- Amazon lance à son tour Bedrock,
- tandis qu’Apple creuse discrètement le sujet depuis des années.
Tous les éléments sont donc réunis pour que les géants mondiaux du numérique proposent demain leurs propres services de «thanabots».
Quid de l’acceptabilité sociale du processus? Certes, d’après Leah Henrickson, chercheuse spécialiste des cultures numériques à l’université du Queensland (Australie),
«ces systèmes peuvent être créés sans le consentement préalable du défunt», ce qui pose des problèmes éthiques.
Mais l’on peut aussi imaginer un futur où les individus «planifieraient ou consentiraient à la création de leur propre thanabot», analyse-t-elle dans un article publié en janvier 2023 dans la revue Media, Culture et Société.
Un futur que l’on n’est pas forcément pressé de découvrir.
Colette : En espérant que les croyants n’entreront pas dans cette folie et se souviendront de Saül qui évoque un mort. C’est une abomination à l’Éternel.
Deut 18/10-12 : Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel;
1 Chroniques 10/13 : Saül mourut, parce qu’il se rendit coupable d’infidélité envers l’Éternel, dont il n’observa point la parole, et parce qu’il interrogea et consulta ceux qui évoquent les morts.
