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Vous êtes sur le site Le Feu De Ta Présence : 2è partie : quelles conclusions sur le ministère féminin

2è partie sur le féminisme dans l'Eglise et l'étude d' A Kuen sur le ministère féminin

Quelles conclusions tirer de ces considérations ?


Je pense qu'il ne serait pas juste de basculer complètement d'un côté ou de l'autre, en suivant la mode, ou en réaction contre un «féminisme» dans l'Eglise. Dans le Nouveau Testament, les fonctions d'autorité semblent réservées aux hommes. 1 Co14.34 demande aux femmes

qu'elles sachent se tenir dans la soumission ; 1 Tm 2.11 leur recommande aussi un esprit de parfaite soumission. Par contre, nous pouvons -et nous devrions- aller aussi loin que la Parole de Dieu dans ce qu'elle permet à la femme dans l'Eglise :


  1. La participation à toutes les prières

 

La plupart des Églises évangéliques ont ouvert aux femmes la participation à la prière publique durant le temps de louange et d'adoration.

Toutes croient au sacerdoce universel des croyants. Alors F.F. Bruce (des Assemblées de Frères d'Angleterre) pose la question suivante : « Donc tout serait -il en ordre si, à l'un de nos services de sainte cène, une femme rendait grâces pour le pain et le rompait avant qu'il soit distribué ?»

Quelle serait notre réaction ? Est -ce que la cène n'est pas un domaine à part, où seuls les hommes ont le droit d'officier ? Ou peut-être même seuls les pasteurs consacrés ou les anciens, mais pas les simples membres d’Église ? Ne sommes-nous pas sur un terrain sacré où la femme n'a pas le droit de pénétrer ? Si nous raisonnons ainsi, c'est que notre pensée est encore influencée par des idées cléricales et sacramentalistes.

Mais l'ancienne dichotomie sacré-séculier a été abolie, comme la distinction entre prêtres et laïcs. «Maintenir dans la nouvelle alliance cette distinction périmée, ce serait déclarer insuffisant et non valable le sacerdoce du Christ et revenir en arrière dans l'histoire du salut» (Ph. Menoud).«Et pourquoi, poursuit F.F. Bruce, une chrétienne qui partage avec nous notre commune prêtrise, ne devrait-elle pas accomplir un tel acte représentatif en faveur de ses compagnons d'adoration, au même titre qu'un chrétien ?»

Et d'ajouter : «Ce n'est pas une question rhétorique, j'aimerais bien qu'on me donne une réponse biblique » .

D'ailleurs, on a retrouvé des représentations dans les catacombes où des femmes présidaient le repas du Seigneur (Scholz). A plus forte raison, les sœurs peuvent participer à la distribution du pain et du vin (comme à la maison elles distribuent la nourriture).


  1. La participation au ministère de la prophétie et de l'enseignement( sous les conditions définies ci-dessus : 2è partie).

 

Il me semble que, dans l'ensemble, les Assemblées de frères , qui sont restées pendant longtemps, sur le plan des ministères, dans le sillage de J.N. Darby, le sont encore en partie pour la participation de nos sœurs aux réunions et que nous restons à un niveau en deçà de celui du Nouveau Testament.

Il est temps que nous révisions notre point de vue à la lumière de la Révélation biblique et que nous donnions à nos sœurs la place que la Parole de Dieu leur attribue. «Nous ne pouvons évidemment pas permettre à la pensée séculière de modeler notre interprétation de l'Écriture, mais nous pouvons être reconnaissants de ce qu'elle nous défie afin que nous nous soumettions avec une nouvelle ouverture à la Parole de Dieu » Il ne s'agit pas de révolutionner notre manière de faire du jour au lendemain (et de provoquer une division dans l'Eglise), mais de commencer par étudier ce que dit la Bible sur cette question puis de procéder lentement, par étapes, à la mise en pratique de ce que nous y aurons trouvé.

Comme nous l'avons vu, les Eglises primitives se réunissaient dans les maisons. C'est dans des réunions analogues que la participation de nos sœurs à l'édification mutuelle paraît la plus naturelle. Puis, comme nous ne croyons pas à la sainteté de certains lieux ni de certains moments, pourquoi une sœur ne pourrait-elle pas apporter un témoignage le dimanche matin au culte, ou une contribution par le partage d'une vérité qui lui est apparue durant sa lecture de la Parole (ce que l'Écriture appelle : une révélation), donc une méditation ou un message qu'elle nous adresse ?

Bibliquement, à mon avis, rien ne s'y oppose, même si ce message devait comporter une part d'enseignement,si elle le fait sous l'autorité des anciens.

Comme la participation de nos sœurs à la prière au culte a apporté à nos réunions un enrichissement indéniable, leur participation à l'édification mutuelle contribuerait certainement à un nouvel enrichissement. Paul nous dit dans ses épîtres :Édifiez-vous les uns les autres, exhortez-nous les uns les autres, instruisez-vous les uns les autres (sans jamais préciser de quel sexe devaient être les uns par rapport aux autres).

Dans la société du 1er siècle, un fossé profond séparait les Juifs des Grecs, mais dans la société prophétique de l'Eglise, il n'y a plus ni Juifs ni Grecs. Un fossé encore plus profond séparait les esclaves des hommes libres, mais dans l'Eglise, il n'y a plus ni esclave ni homme libre. Pourtant ce fossé a subsisté -même dans l'Eglise - jusqu'au 18e, par endroits jusqu'au 19e siècle.

Dans la société, l'accès aux diverses fonctions était régi jusqu'au milieu du 20e siècle par la distinction «homme–femme». Dans l'Eglise, nous dit Paul, il n'y a plus ni homme ni femme, mais cette parole n'y a guère trouvé application.

Un orgue dont la moitié des tuyaux sont bouchés sera incapable de rendre un prélude de Bach, même sous les doigts du plus brillant organiste. C'est ce que nos Eglises évangéliques et nos assemblées ont été pendant longtemps. Plus doué que le plus prestigieux organiste, Dieu a quand même pu faire retentir dans ce monde la musique de son amour. Mais quelle différence si tous les dons qu'il a accordés à son Eglise avaient pu être mis en valeur !

Or, d'une part, les textes bibliques relatifs aux dons ne font jamais une différence relative au sexe de leurs bénéficiaires, d'autre part, il est indéniable que Dieu a accordé à nos sœurs des dons d'organisation, de parole, d'enseignement et bien d'autres. Le récent congrès «Femmes 2000» a révélé leur créativité et leur compétence là où elles ont pu se déployer librement pour créer et porter une œuvre en Afrique, à Madagascar... Pourquoi Dieu aurait-il donné à nos sœurs des dons (même en Europe) pour les empêcher ensuite de les exercer ?


  1. Les vraies motivations

 

II est vrai qu'il y avait deux versets des épîtres de Paul -mal interprétés - qui semblaient faire barrage au ministère des femmes. Mais pourquoi ces deux versets ont-ils pu contrebalancer des dizaines d'autres qui allaient dans le sens opposé ? Pourquoi, en particulier, dans la même épître, les conclusions claires du chapitre 11 qui permettaient à la femme de prier et de prophétiser ont-elles été neutralisées par le verset du chapitre 14 qui semblait la confiner dans un silence complet ? N'y aurait-il pas des raisons autres que théologiques ? Ne serait-ce pas notre peur ancestrale de la femme ?

Peur de sa supériorité qu'évoquait déjà Caton l'Ancien au 2esiècle avant J-C. quand il disait : «Dès que les femmes commenceront à être vos égales, elles deviendront vos supérieures » ? Donc la peur de perdre notre autorité, voire notre identité ?

Serait-ce, en fin de compte, une question de pouvoir qui a fait peser sur nos sœurs, tout au long des siècles, un poids de suspicion et de mépris tout à fait contraire à l'attitude de Jésus et de Paul, engendrant des frustrations et des souffrances ? Dans un congrès des responsables des Assemblées de Frères d'Allemagne sur ce thème, on avait réservé une soirée aux sœurs pour qu'elles puissent s'exprimer librement. L’une des six femmes sur le podium a demandé à une amie ce qu'elle dirait si elle était à sa place. «Moi, lui a-t-elle répondu, je ne pourrais rien dire, je ne pourrais que pleurer».

Un proverbe dit : «Chassez le naturel et il revient au galop». Le «naturel» s'exprime dans toutes les civilisations païennes par la domination de l'homme sur la femme. Jésus et Paul ont renversé cette conséquence de la chute et rétabli la femme dans la situation que Dieu lui avait assignée lors de la création afin qu'elle soit le vis-à-vis de l'homme. Mais dès le 2e siècle, le «naturel» est revenu au galop dans l'Eglise, et il y est resté jusqu'à nos jours.

Ne serait-ce pas le moment de discerner dans nos attitudes ce qui vient de notre être «naturel», c'est-à-dire de ce que la Bible appelle la chair, de le chasser au nom du Christ et de redonner au divin organiste un instrument correspondant à son plan avec lequel il puisse faire retentir dans l'Eglise et dans le monde son message d'amour ?

A.K.

 

Je vous rajoute le lien d'un article sur le sujet suivant : Paul était-il pour ou contre le ministère de la femme? EMCITV. Cette lecture viendra enrichir celles et ceux qui veulent des réponses justes et bibliques. Texte écrit par Craig S. Keener publié dans la revue "Ressources Spirituelles" N°10 Automne 2004 (Life édition)
Craig S. Keener est professeur de Nouveau Testament à Eastern Seminary, Wynnewood, Pennsylvanie. Il a écrit une dizaine de livres, notamment sur la conception qu'a Paul de l'épouse et de la femme, ainsi que plusieurs commentaires bibliques.

 

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